Comment diagnostiquer l'hépatite C ?

L’hépatite C est une « maladie silencieuse » ; elle ne provoque souvent aucun symptôme si ce n’est de la fatigue, y compris jusqu’à un stade avancé de la maladie [6]. Néanmoins au-delà de 10 à 20 ans, elle peut évoluer vers une cirrhose, parfois vers un cancer du foie [6].

C’est pourquoi il est important de détecter le VHC le plus tôt possible. A cet effet, le médecin peut établir un diagnostic en plusieurs étapes :
Un test de dépistage permet de détecter la présence dans le sang d’anticorps anti-VHC [7]. Si ce test est positif, un 2e test doit être réalisé [8]. Il est aussi possible d’effectuer des Tests Rapides D’orientation Diagnostique (TROD) [8] dans des centres spécialisés.

Le dosage des transaminases (ALAT/SGPT) dans le sang permet d’établir s’il y a une hépatite (inflammation du foie)[9].

La technique PCR (Polymerase Chain Reaction) permet de détecter le génome du VHC [10]. Cet examen est réalisé si le test de dépistage anticorps anti-VHC est positif. Si le génome du VHC a été détecté dans le sang (PCR positive), d’autres examens spécifiques peuvent être demandés.

Qui doit se faire dépister ?

Un dépistage est vivement conseillé aux personnes qui ont eu, avant 1992 [8] :
  • une intervention chirurgicale lourde (cardiaque, vasculaire, cérébrale, digestive, pulmonaire, gynéco-obstétricale, rachidienne, prothèse de hanche ou de genou...)
  • un séjour en réanimation
  • un accouchement difficile
  • une hémorragie digestive
  • des soins à la naissance, en néonatologie ou en pédiatrie (grand prématuré, pathologie néonatale grave, exsanguino-transfusion)
  • une greffe de tissus, de cellules ou d'organes
  • une transfusion sanguine
Sont également concernés [8] :
  • les personnes hémodialysées
  • toute personne ayant utilisé, ne serait-ce qu’une fois dans sa vie, une drogue par voie intraveineuse ou pernasale (partage du matériel de préparation et d’injection, partage de paille)
  • les enfants nés de mère porteuse du VHC
  • les partenaires sexuels des personnes atteintes d'hépatite C chronique
  • les membres de l'entourage familial des personnes atteintes d'hépatite C chronique (partage d’objets pouvant contenir du sang)
  • les personnes incarcérées ou ayant été incarcérées (du fait du partage d'objets coupants, de pratiques addictives)
  • les personnes ayant eu un tatouage, piercing, de la mésothérapie ou de l'acupuncture, sans utilisation de matériel à usage unique ou personnel
  • les personnes originaires ou ayant reçu des soins dans des pays à forte prévalence du VHC (Asie du Sud-Est, Moyen-Orient, Afrique, Amérique du Sud)
  • les personnes ayant un taux d’ALAT (transaminases) supérieur à la normale sans cause connue
  • les personnes séropositives pour le VIH ou porteuses du virus de l’hépatite B (VHB)
    Sources
    [6] Haute Autorité de Santé. Place des tests rapides d’orientation diagnostique (TROD) dans a stratégie de dépistage de l’hépatite C. Février 2013. P11
    [7] Haute Autorité de Santé. Place des tests rapides d’orientation diagnostique (TROD) dans le dépistage de l’hépatite C. Février 2013. P67
    [8] Haute Autorité de Santé. Place des tests rapides d’orientation diagnostique (TROD) dans le dépistage de l’hépatite C. Février 2013. P24-25
    [9] Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes). Hépatite C ? Du dépistage au traitement. Questions et réponses patients. Août 2007. P12
    [10] Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes). Hépatite C ? Du dépistage au traitement. Questions et réponses patients. Août 2007. P13