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Quels sont les examens réguliers et complémentaires nécessaires ?

L’examen clinique par le médecin est classique, mais il importe qu’il soit complet.
Il doit notamment comporter une mesure de la pression artérielle, un examen des artères par leur palpation à la recherche d’une diminution ou d’une abolition d’un pouls et une auscultation du cœur.


L’examen clinique vise à éliminer une pathologie qui n’aurait pas une cause cardio-vasculaire comme une douleur d’origine digestive par exemple. Il doit s’accompagner d’un interrogatoire à la recherche des facteurs de risque cardiovasculaire spécifiques susceptibles d’être corrigés comme un tabagisme, un diabète, une hypertension artérielle, une hypercholestérolémie, une obésité, etc.

Les examens complémentaires varient beaucoup au cas par cas, notamment en fonction des facteurs de risque identifiés. Dans tous les cas, on privilégie les examens non invasifs, comme l’échographie, les tests d’effort, la scintigraphie de perfusion ou l’échographie de stress.


Qu’est-ce qu’un ElectroCardioGramme (ECG) ?

Un électrocardiogramme (ECG) est un examen qui permet d’obtenir un tracé imprimé de l’activité électrique du cœur, fidèle reflet de son activité mécanique.

Il aide à détecter des troubles du rythme cardiaque, des signes d’ischémie (souffrance) récents ou anciens, de préciser le retentissement d’une hypertension artérielle, etc.

Pour un ECG au repos, une électrode d’enregistrement est appliquée à chacune des extrémités (bras et jambes) et six autres sur le thorax et un appareil produit un tracé. Cet examen est bref, absolument sans danger et indolore (le courant électrique lu provient du cœur et non de l’appareil).

L’enregistrement de l’ECG de longue durée, appelé aussi Holter, sert à diagnostiquer des irrégularités du rythme cardiaque comme celles qui peuvent apparaître après un infarctus. L’ECG est enregistré en continu, généralement pendant 24 heures, grâce à plusieurs électrodes appliquées sur la poitrine et reliées à un enregistreur. Pendant l’enregistrement, le patient note tous les événements qui se produisent sur une fiche de contrôle. Il est ainsi possible de procéder à une analyse du rythme cardiaque dans les conditions de vie habituelles, c’est-à-dire pendant les loisirs, l’activité professionnelle et le sommeil.


Qu’est-ce qu’un décalage du segment ST et une onde Q à l’ECG ?

L’activité électrique du cœur enregistrée par l’électrocardiogramme (ECG) se présente sous la forme d’un tracé qu’on divise en différents segments.

L’ischémie cardiaque entraîne un décalage de l’un de ces segments : le segment ST.

En enregistrant cette modification, notamment à l’épreuve d’effort, l’ECG oriente fortement vers l’existence d’une insuffisance coronaire.

L’onde Q est une séquelle d’infarctus du myocarde : visible à l’électrocardiogramme, elle est le témoin de la cicatrice fibreuse d’une zone du tissu myocardique abîmée.

L’analyse de l’onde Q permet de préciser la localisation et l’étendue du territoire nécrosé et d’identifier l’artère bouchée responsable de l’infarctus du myocarde.

Illustration : l'onde Q visible sur l'ECG


Qu’apporte le dosage des enzymes cardiaques ?

Les enzymes cardiaques sont des molécules libérées dans le sang à la suite de la nécrose du tissu myocardique à la suite de l’infarctus.

Leur dosage est donc très important pour le diagnostic et l’appréciation de l’étendue de la zone détruite.


Y a-t-il des enzymes plus spécifiques et lesquelles ?

La concentration sanguine de différentes enzymes baptisées ASAT (ou SGOT), CPK ou LDH s’élève au cours de l’infarctus du myocarde et leur dosage est donc utilisé dans le diagnostic et le suivi de l’infarctus du myocarde.

De la même façon et plus récemment, on mesure les troponines I et T qui sont des protéines dont les taux s’élèvent 4 à 6 heures après le début de la douleur pour atteindre un maximum environ 12 heures plus tard et revenir à la normale au bout de quelques jours.

La myoglobine est également une protéine. Elle participe à l’oxygénation des muscles et son dosage aide au diagnostic précoce de l’infarctus du myocarde et au suivi de l’efficacité d’un traitement dit "thrombolytique".


Ces examens sont-ils suffisants pour confirmer le diagnostic ?

Le dosage des enzymes ne peut venir qu’en complément de l’examen clinique, de l’électro-cardiogramme et des examens complémentaires.


Quels autres examens complémentaires suis-je susceptible de passer ?

Vous pourrez avoir à passer des examens "non invasifs", comme une échographie cardiaque, une épreuve d’effort, une scintigraphie de perfusion ou une échocardiographie de stress.

Des explorations invasives seront envisagées en fonction des résultats de ces tests.


Qu’est-ce qu’un test d’effort ?

Le test d’effort ou "épreuve d’effort" permet souvent de confirmer la maladie coronaire, de mesurer son retentissement sur le fonctionnement du cœur et notamment de déceler des troubles circulatoires, leur extension et la partie du myocarde qui en souffre.

Différentes perturbations liées à la maladie coronaire se manifestant principalement lors d’un effort physique, des épreuves d’effort sur bicyclette ergométrique ou sur tapis roulant ont été mises au point.

La méthode d’examen la plus utilisée est l’électrocardiogramme d’effort qui consiste à effectuer un électrocardiogramme alors que le patient pédale sur une bicyclette ergométrique ou marche sur un tapis roulant. L’effort développé est augmenté par paliers jusqu’à la fréquence cardiaque maximale théorique ou la survenue de signes anormaux.

La scintigraphie par perfusion du myocarde à l’effort est une méthode plus complexe, mais capable de mettre en évidence un trouble de l’irrigation du myocarde avec une plus grande sensibilité.

L’échocardiographie d’effort et la ventriculographie isotopique à l’effort peuvent également aider à déceler d’éventuels troubles de l’irrigation sanguine du cœur.


Qu’est-ce qu’une Echographie Doppler ?

L’échographie est une technique indolore d’exploration du cœur par ultrasons. Elle permet ainsi d’observer la contraction du muscle cardiaque, les mouvements des valves et la circulation du sang au sein des cavités cardiaques.

Elle renseigne sur d’éventuelles anomalies de mouvements des parois cardiaques en rapport avec des cicatrices d’anciens infarctus.

Le Doppler, est également fondé sur l’utilisation d’ultrasons. Fréquemment couplé à l’échographie, il permet de mesurer les flux de sang dans les différentes cavités du cœur. Le Doppler peut fonctionner avec de la couleur (Doppler couleur) ou non (Doppler pulsé ou continu).

L’échographie Doppler du cœur est un examen totalement indolore qui apporte beaucoup d’information sur les volumes et la contraction des différentes cavités cardiaques.

Il existe également une variante de cet examen, l’Echographie Doppler de stress, qui consiste, comme c’est le cas du test à l’effort (question précédente) à l’effectuer durant un effort comme une marche sur un tapis roulant ou si cela n’est pas possible de la part du patient, de simuler un stress physique à l’aide de médicaments.

Illustration : une echographie


Qu’est-ce qu’une scintigraphie myocardique ?

La scintigraphie myocardique renseigne sur l’irrigation du myocarde au repos et à l’effort. Cette méthode permet de diagnostiquer et de localiser une ischémie ou un infarctus.

Avant l’examen, une quantité minime d’un produit radioactif est injectée dans une veine de l’avant-bras. Les produits utilisés, notamment le thallium-201, ne se fixent que sur les tissus qui sont bien irrigués. Le patient est ensuite placé sous une gamma-caméra. Cette caméra spéciale détecte la radioactivité émise par les particules radioactives et donne donc des images du coeur dans lesquelles les parties saines émettent de nombreux signaux radioactifs alors que les parties ischémiées en émettent peu ou pas.

La scintigraphie myocardique à l’effort dure 1 heure environ, et le même examen au repos 30 à 45 minutes de plus. Bien que cet examen fasse appel à un produit radioactif, il ne fait courir aucun risque.


Qu’est-ce qu’une coronarographie ?

La coronarographie est l’examen clé de l’exploration des douleurs angineuses. Elle passe par l’injection d’une substance de contraste dans les coronaires au moyen d’un tuyau très fin (cathéter) inséré dans les artères coronaires. Cette substance de contraste permet de voir les vaisseaux sur des clichés radiographiques.

L’examen débute avec l’introduction d’une sonde dans une artère au niveau du pli de l’aine à droit, plus rarement à gauche ou au bras.

Le médecin fait ensuite progresser la sonde à travers l’aorte jusqu’à l’origine des artères coronaires.

Une fois le cathéter en place, un produit de contraste iodé est injecté dans les artères, et la radiographie réalisée permet de visualiser les artères et leurs lésions.

Les images sont nécessaires pour déterminer si le malade doit bénéficier ou non d’une intervention de désobstruction comme un pontage ou une angioplastie.

Cet examen, qui doit faire l’objet de précaution chez les patients allergiques à l’iode, peut avoir lieu au prix de quelques précautions et traitements particuliers.


Quelles sont les autres techniques d’exploration ?

De nouvelles techniques d’exploration ont été mises au point dernièrement mais ne peuvent pas être considérées comme des examens de routine chez les patients atteints de maladie coronaire.

Parmi celles-ci, on peut compter :

- L’échographie endocoronaire, qui permet d’obtenir une imagerie en haute résolution
- et en temps réel des parois vasculaires,
- La mesure de la réserve coronaire, qui permet d’évaluer la capacité d’adaptation des artères coronaires au stress,
- La mesure de la réserve coronaire fractionnelle, qui permet d’apprécier le véritable retentissement d’un rétrécissement sur le fonctionnement du muscle en aval.


Devrai-je effectuer des contrôles de suivi et pourquoi ?

Il est absolument nécessaire que vous fassiez des contrôles de suivi afin que le médecin puisse évaluer l’évolution de votre maladie coronaire.

Il en profitera pour faire le point avec vous sur votre hygiène de vie et vos facteurs de risque.

Si vous avez eu une angioplastie, une surveillance clinique et un test d’effort seront effectués à intervalles réguliers au cours de la première année, puis une fois par an ou en cas de survenue de nouveaux signes afin de vérifier que la lésion ne s’est pas reproduite.  [1]

Illustration : faire des controles avec son medecin



[1] Source : Brochure "Maladie coronaires et Infarctus de Myocarde. 101 questions/réponses".