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Quels sont les différents types de traitements de l’AOMI ? Comment et pourquoi les utiliser ?

Le but des traitements est de réduire le risque d’évolution de votre maladie, que ce soit sur le plan local ou général, et d’améliorer votre confort de vie.

Les traitements qui permettent de prendre en charge l’AOMI sont de trois types :

- préventifs : dont le but est de limiter les complications de la maladie athérothrombotique,

- symptomatiques : dont le but est d’améliorer les symptômes et la qualité de vie,

- curatifs : dont le but est de corriger les lésions menaçantes ou invalidantes.


Ils associent les mesures d’hygiène de vie, la rééducation, les médicaments et les techniques de revascularisation.

Les indications de ces traitements varient suivant les situations cliniques.


Quels sont les différents traitements non médicamenteux ?

La prise en charge non médicamenteuse de l’AOMI fait essentiellement appel à un certain nombre de mesures d’hygiène de vie :
le maintien de l’activité physique avec une éventuelle rééducation à la marche, l’arrêt du tabac, un régime alimentaire adapté, les soins des pieds.

L’arrêt du tabac, l’hygiène alimentaire et les soins de pieds s’adressent à tous les patients ; ces traitements sont préventifs. La rééducation par la marche concerne les patients qui présente une claudication ; son but est l’amélioration des symptômes.


Pourquoi la marche à pied est-elle un bon moyen de se rééduquer ?

La marche quotidienne est recommandée à toute personne ayant une artériopathie des membres inférieurs car elle constitue le meilleur moyen de rééducation connu aujourd’hui.

La marche permet d’améliorer l’irrigation des muscles et le développement d’une "circulation collatérale" (petites artères qui suppléent l’artère rétrécie).

Cet exercice physique doit-il être intensif ?

Pour être vraiment bénéfique, la marche doit être pratiquée régulièrement (tous les jours, si possible). Ce n’est pas l’intensité qui compte mais la régularité et la progression de l’effort.

Il faut s’arrêter dès que la douleur apparaît et attendre qu’elle ait disparu pour reprendre l’effort.

Progressivement votre distance de marche (distance à laquelle survient la douleur) va s’allonger.
L’effet maximal du programme de marche est obtenu au bout de 6 à 8 mois et ne se maintiendra que si l’exercice est continué régulièrement et si vous suivez bien les autres recommandations de votre médecin.

Par contre, si vous interrompez ce programme de rééducation, vous perdez tout ou partie du bénéfice de l’entraînement.


Dans quelles conditions (durée, périodicité) dois-je effectuer ces marches à pied ?

Il faut marcher au moins 30 minutes trois fois par semaine et idéalement une heure par jour (par cycles de 20 minutes) en adaptant la vitesse de son pas pour éviter la survenue de la douleur qui oblige à s’arrêter.

Pour que cet exercice soit agréable, il est préférable de le faire dans de bonnes conditions (tenue adaptée, chaussures confortables, au grand air...).

Pour suivre l’évolution de votre distance de marche, vous pouvez tenir un carnet de bord sur lequel vous reporterez vos performances concernant la distance parcourue avant l’apparition d’une douleur sur un trajet connu que vous effectuerez tous les 15 jours. La tenue de ce carnet facilite la surveillance de la maladie par votre médecin.


Puis-je effectuer cette rééducation en centre spécialisé ?

Pour tous les patients qui présentent une artériopathie dès le stade de claudication intermittente, mais également après intervention chirurgicale ou geste endovasculaire, il est possible de bénéficier d’une rééducation en centre spécialisé.

La prise en charge dans ces centres de rééducation vasculaire s’effectue sous contrôle médical et comporte des séances d’entraînement à la marche sur tapis roulant bien précises et adaptées à chaque personne (environ 2 à 3 séances par semaine pendant 3 à 6 mois).

De plus, dans ces centres, le réentraînement à la marche est associé à une éducation aux règles d’hygiène de vie.

Il est aussi possible de faire une cure thermale dans un établissement spécialisé dans l’artériopathie des membres inférieurs où le programme comporte des soins spécifiques (par exemple la crénothérapie ou traitement par les eaux minérales), mais aussi un réentraînement à la marche et des conseils hygiéno-diététiques.


La pratique d’autres sports est-elle conseillée ?

Le vélo d’appartement, le vélo, la natation en piscine, la gymnastique, le golf sont aussi recommandés.


Un arrêt du tabac est-il obligatoire ?

Il est fondamental d’arrêter totalement et définitivement de fumer pour freiner l’évolution de l’artériopathie. Cet arrêt est primordial quel que soit le stade de votre maladie.

L’intoxication tabagique est considérée comme le premier facteur de risque d’AOMI. A l’arrêt du tabac, on observe un allongement de la distance de marche et une meilleure efficacité des pontages artériels, en évitant que ceux-ci ne se bouchent.

Dans les études, le bénéfice de l’arrêt du tabac apparaît avant la fin de la première année. Si l’on compare des patients claudicants en fonction de la poursuite ou de l’arrêt du tabac, à 10 ans, le nombre de survivants est presque le double dans le groupe des patients ayant arrêté de fumer.


Comment arrêter de fumer : à qui demander, où trouver de l’aide ?

Selon votre dépendance à la nicotine (déterminée grâce à un test spécifique), selon l’ancienneté et l’importance de votre intoxication, l’arrêt du tabac sera plus ou moins facile.

Pour vous aider dans votre démarche, le médecin peut vous prescrire des substituts à la nicotine (patchs, gommes, comprimés à sucer...) ou d’autres molécules aujourd’hui disponibles pour faciliter le sevrage tabagique (arrêt du tabac). Il pourra aussi vous prescrire si besoin un traitement pour lutter contre l’anxiété ou le sentiment de déprime qui peut accompagner l’arrêt du tabac.

Un exercice physique régulier vous évitera les prises de poids. Un soutien psychologique pourra être nécessaire (séances de relaxation, entretiens psychologiques, thérapies comportementales individuelles ou de groupe).

Toutes ces mesures d’accompagnement pour l’arrêt du tabac sont proposées dans des consultations spécialisées (consultations anti-tabac). N’hésitez pas à tester votre dépendance à la nicotine à l’aide du test ci-dessous.


Test de dépendance à la nicotine d’après Fagerström [1]

Dans quel délai après le réveil fumez-vous votre première cigarette ?

Moins de 5 minutes = 3
6 à 30 minutes = 2
31 à 60 minutes = 1
Après 60 minutes = 0

Trouvez-vous difficile de ne pas fumer dans les endroits interdits ?

Oui = 1
Non = 0

Quelle cigarette trouvez-vous la plus indispensable ?

La première = 1
Une autre = 0

Combien de cigarettes fumez-vous par jour ?

10 ou moins = 0
11 à 20 = 1
21 à 30 = 2
31 ou plus = 3

Fumez-vous de façon plus rapprochée dans la première heure après le réveil que pendant le reste de la journée ?

Oui = 1
Non = 0

Fumez-vous même si une maladie vous oblige à rester au lit ?

Oui = 1
Non = 0


Interprétation

0 - 2  : pas de dépendance
3 - 4  : dépendance faible
5 - 6  : dépendance moyenne
7 - 8  : dépendance forte
9 - 10 : dépendance très forte

Quelle est la marque de vos cigarettes ?
Quel est le taux en nicotine ?


Dois-je changer mes habitudes alimentaires ? Quel régime dois-je suivre ?

Il n’y a pas d’habitudes alimentaires particulières à adopter quand on a une artériopathie, hormis si vous avez certains facteurs de risque qui sont modifiables grâce à une alimentation adaptée :

- en cas de surpoids : régime hypocalorique,

- en cas d’anomalies lipidiques : régime pauvre en graisses saturées, en cholestérol,

- en cas de diabète : régime équilibré en sucre et pauvre en graisses et en boissons alcoolisées,

- en cas d’hypertension : régime pauvre en sel et pauvre en boissons alcoolisées.

Dans tous les cas, votre médecin ou un nutritionniste et/ou un(e) diététicien(ne) vous aideront à adapter et à modifier vos habitudes alimentaires.


Pourquoi faut-il particulièrement prendre soin de ses pieds quand on a une AOMI ?

Tout traumatisme, même minime, peut avoir des conséquences très graves sur un pied mal irrigué par le sang. Afin de prévenir l’apparition de troubles trophiques (ulcérations, nécroses), toute personne qui souffre d’AOMI, notamment si elle est diabétique, doit prendre particulièrement soin de ses pieds.

Il faut éviter tout risque de blessure et consulter rapidement en cas de douleur persistante ou de lésion de la peau même minime, le risque de surinfection pouvant être dramatique.

Il faut :

- se laver tous les jours les pieds à l’eau tiède avec un savon acide,

- les sécher soigneusement pour éviter toute macération et prolifération de champignons (mycoses) entre les orteils,

- se couper les ongles des pieds avec précaution et bien à distance de la peau pour ne pas risquer de se couper (lorsque l’on est proche de la peau, il faut poncer les ongles),

- examiner le dessous des pieds et des orteils à l’aide d’un miroir,

- ne pas marcher pieds nus, éviter le port prolongé de bottes en caoutchouc,

- porter des chaussures souples et larges,

- consulter régulièrement un pédicure ou un podologue, habitué à prendre en charge des patients artéritiques ou diabétiques,

- protéger les talons en cas d’alitement prolongé pour éviter des lésions de la peau,

- être à jour en ce qui concerne la vaccination contre le tétanos.


Quels types de médicaments peut-on recevoir en cas d’AOMI ?

Les traitements médicamenteux prescrits en cas d’AOMI ont pour objectif de prévenir le risque d’obstruction d’une artère (c’est le cas des antiagrégants plaquettaires), de lutter contre certains facteurs de risque (hypertension artérielle, anomalies des lipides, diabète, tabac) et d’améliorer les capacités de marche (c’est le cas des vasodilatateurs).


Qu’est-ce qu’un médicament antiagrégant plaquettaire ? Que va-t-il m’apporter ?

Un antiagrégant plaquettaire est un médicament qui empêche les plaquettes qui circulent dans le sang de s’agréger (s’agglutiner). Il diminue ainsi le risque de formation de caillots dans les artères (ou thrombi) qui peuvent se former au contact d’une plaque d’athérome et venir boucher l’artère.

Ce type de traitement est utile aux stades où l’AOMI est établie pour prévenir le risque thrombotique non seulement au niveau des artères des membres inférieurs mais également au niveau des autres territoires artériels (coronaires, carotides...).

Le but de ce traitement est de réduire le risque d’infarctus du myocarde ou d’accident vasculaire cérébral. Il existe plusieurs médicaments appartenant à la famille des antiagrégants plaquettaires.


Qu’est-ce qu’un médicament vasodilatateur ? Que va-t-il m’apporter ?

Les médicaments vasodilatateurs peuvent diminuer la douleur à la marche et augmenter la distance parcourue sans douleur.

Ils peuvent être prescrits en complément de la rééducation.


Quels traitements contre le diabète ?

Chez le diabétique, la stricte normalisation de la glycémie (taux de sucre dans le sang) est fondamentale pour diminuer le risque cardiovasculaire.

La prise en charge comportera toujours des règles hygiéno-diététiques(régime alimentaire, activité physique) et, selon les cas et le type de diabète, un traitement par médicaments hypoglycémiants (diminuant le taux de sucre dans le sang) pris par voie orale ou un traitement par injections d’insuline.


Quels traitements contre l’hypertension artérielle ?

Il existe de très nombreux médicaments pour traiter l’hypertension artérielle. Votre médecin vous prescrira celui qui est le plus approprié à votre cas.

Il est nécessaire de faire surveiller régulièrement votre pression artérielle et de respecter certaines règles hygiéno-diététiques (exercice physique, perte de poids si besoin...).

Un régime peu salé et le minimum de boissons alcoolisées sont recommandés.

Quels traitements contre l’hypercholestérolémie et/ou l’hypertriglycéridémie ?

Si vous avez trop de cholestérol dans le sang, votre médecin peut commencer par vous faire suivre un régime qui, selon l’anomalie des lipides que vous présentez, comportera une réduction des graisses saturées et du cholestérol alimentaire.

En cas de surpoids, ces mesures devront s’associer aussi à un régime réduit en calories.

Si malgré le régime, le problème persiste, votre médecin vous proposera un médicament adapté, en complément du régime.



[1] Heatherton T, Fagerström KO. The fagerström test for nicotine dependance : a revision of the Fagerström Tolerance Questionnaire, Brit J Addiction, 1991 ; 86 : 1119-1127.