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Quels sont les différents types de traitements de l’IDM ? Comment et pourquoi les utiliser ?

Les avantages et inconvénients des différents types de traitements de l’infarctus du myocarde.


Devrai-je suivre un traitement au long cours ?

Un traitement au long cours est indispensable. Il comprend :

- des règles hygiéno-diététiques en évitant les situations stressantes et une prise en charge thérapeutique des facteurs de risque vasculaire,

- un traitement anti-thrombotique,

- un traitement anti-ischémique de fond.

Il faut distinguer, dans la prise en charge au long cours, deux versants du traitement :

  1. Un traitement de fond pour lutter contre la maladie athéromateuse et prévenir ses complications, dans lequel s’insèrent les règles d’hygiène et de diététique ainsi que les traitements médicamenteux.

  2. Un traitement contre les symptômes de la maladie coronaire, dans lequel on retrouve les médicaments anti-angineux ainsi que les gestes de revascularisation tels que le pontage, l’angioplastie ou la pose de stent mais qui peuvent être également effectuées hors urgence.


Qu’est-ce qu’un traitement anti-thrombotique ?
Que va-t-il m’apporter ?

Les anti-thrombotiques préviennent la formation de caillots sanguins (thrombi). Ils sont donc donnés chez les personnes souffrant d’athérothrombose, après un infarctus du myocarde notamment.

Leur principal effet indésirable est un risque d’hémorragie qui, s’il apparaît, doit faire consulter immédiatement un médecin.

Les personnes qui reçoivent ce traitement doivent surveiller les signes éventuels d’hémorragie (sang dans les selles ou les urines, ecchymoses, etc).

De façon générale, il est impératif de demander un avis médical avant de prendre tout nouveau médicament, même lorsqu’il est donné sans ordonnance.


Qu’est-ce qu’un traitement anti-ischémique de fond ?
Que va-t-il m’apporter ?

Les traitements anti-ischémiques au long cours permettent de lutter contre l’ischémie due aux plaques d’athérome, et donc d’éviter une souffrance des zones du cœur, irriguées par les artères qui ont ces plaques.

Ils permettent donc de diminuer les douleurs, mais ils permettent également de maintenir un certain niveau d’irrigation du cœur, notamment lors de l’effort.

Illustration : une plaquette de médicaments


Qu’est-ce qu’un anti-agrégant plaquettaire ?
Que va-t-il m’apporter ?

Un anti-agrégant plaquettaire fait partie des traitements anti-thrombotiques. C’est un médicament qui empêche les plaquettes qui circulent dans le sang de s’agréger (s’agglutiner).

Il diminue ainsi le risque de formation de caillots dans les artères (ou thrombi) qui peuvent se former au contact d’une plaque d’athérome et venir boucher l’artère.

On les donne aux personnes ayant un risque athérothrombotique, notamment chez les patients souffrant d’angor, pour prévenir un infarctus ou après un infarctus du myocarde pour éviter une récidive.

N’oubliez pas, lors de la consultation avec votre médecin, de lui indiquer si vous souffrez ou avez eu des antécédents d’ulcère digestif.

Les anti-agrégants plaquettaires peuvent par ailleurs augmenter les effets des anticoagulants et provoquer des accidents hémorragiques. La prise simultanée des deux classes de médicaments impose donc impérativement un avis médical.

Toujours en raison du risque hémorragique, les personnes qui doivent subir une intervention chirurgicale ou une extraction dentaire doivent informer l’anesthésiste, le chirurgien ou le dentiste qu’elles prennent un anti-agrégant plaquettaire.


Qu’est-ce qu’un bêta-bloquant ?
Que va-t-il m’apporter ?

Sauf contre-indication, les bêta-bloquants font partie intégrante du traitement de l’infarctus du myocarde. Ils ralentissent le cœur et diminuent les besoins en oxygène du muscle cardiaque.

Ils protègent également contre la survenue d’arythmies. L’interruption d’un traitement par bêta-bloquant ne doit jamais se faire sans l’avis d’un médecin.


Qu’est-ce qu’un inhibiteur calcique ?
Que va-t-il m’apporter ?

Les inhibiteurs calciques ont à la fois une action contre l’hypertension artérielle et contre l’angine de poitrine, et font donc partie des deux types de traitement. Ils ont un double effet : ils réduisent les besoins en oxygène du cœur et ils augmentent le débit sanguin coronaire.


Qu’est-ce qu’un inhibiteur de l’enzyme de conversion ?
Que va-t-il m’apporter ?

Les inhibiteurs de l’enzyme de conversion (IEC) sont des antihypertenseurs mais ils peuvent être utilisés également comme traitement de fond dans l’insuffisance coronaire chez certains patients.

Après un infarctus du myocarde, même en l’absence d’hypertension artérielle, ils sont indiqués chez des patients qui ont une mauvaise fonction ventriculaire et/ou ayant une insuffisance cardiaque (ce qui correspond aux gros infarctus).


Qu’est-ce qu’un dérivé nitré ?
Que va-t-il m’apporter ?

La trinitrine, principal représentant des dérivés nitrés d’action rapide, doit être prise en cas de survenue d’une douleur angineuse. Elle agit très rapidement et ses effets durent environ 20 à 30 minutes. Son action passe par une dilatation des artères, y compris des coronaires, ce qui diminue le travail cardiaque.

La trinitrine est utilisée sous forme de comprimés à croquer, à laisser sous la langue ou pulvérisée en spray sous la langue.

Elle peut être prise à titre préventif avant une marche ou un effort physique, par temps froid ou en période digestive, etc.

En dehors de la trinitrine à action rapide, il existe des dérivés nitrés à action prolongée donnés sous forme de comprimés retards, pommades ou timbres transdermiques.

Illustration : pulvérisateur de trinitrine


Quels traitements contre l’hypercholestérolémie ?

Si vous avez trop de cholestérol dans le sang, votre médecin doit commencer par vous faire suivre un régime qui, selon l’anomalie des lipides que vous présentez, comportera une réduction des graisses saturées et du cholestérol alimentaire.

En cas de surpoids, ces mesures devront s’associer aussi à un régime réduit en calories. Si malgré le régime, le problème persiste, votre médecin vous proposera un médicament adapté, en complément du régime.

Parmi les médicaments que le médecin peut vous proposer, il existe les statines.

Les statines diminuent le dépôt de cholestérol en abaissant le cholestérol LDL ainsi que, dans une moindre mesure, les triglycérides et en augmentant le cholestérol HDL.



Les mesures non médicamenteuses




Est-il nécessaire de faire de l’exercice physique ? Y a-t-il des sports particulièrement indiqués ?

L’activité physique régulière fait partie intégrante du traitement de l’insuffisance coronaire. Un exercice physique régulier adapté aux possibilités du patient permet en effet de diminuer le travail de son cœur dans la vie de tous les jours en diminuant sa fréquence au repos ou à l’effort. Il en découle une réduction de ses besoins en oxygène et donc une diminution du risque d’ischémie.

Les sports d’endurance qui permettent d’améliorer les capacités cardiovasculaires sans imposer d’efforts violents au cœur sont recommandés. Dans tous les cas, l’augmentation de l’activité doit être progressive au cours de la même séance et d’une séance à l’autre.

La marche est ainsi hautement recommandée. Le footing, ou course lente, le cyclisme sur terrain plat ou la natation sont possibles à condition de ne pas faire d’efforts qui peuvent entraîner un essoufflement et de contrôler souvent (au moins au début) la fréquence cardiaque.

La gymnastique peut être pratiquée en alternance avec les sports d’endurance, car ces derniers permettent de développer ou d’entretenir le système musculo-articulaire.

Les exercices impliquant un blocage respiratoire (l’haltérophilie par exemple) ou pouvant provoquer une accélération intense de la fréquence cardiaque sont à proscrire.

Illustration : faire du sport, marcher ou faire du jogging


Puis-je suivre une réadaptation en centre spécialisé ?

Après un infarctus du myocarde, un syndrome coronaire aigu ou une revascularisation (angioplastie, pontage), il est souhaitable d’effectuer un programme de réadaptation cardiaque en centre spécialisé où entraînement physique (vélo, exercices divers), éducation, mise en route des mesures de prévention secondaire et notamment correction des facteurs de risque (tabac, etc), psychothérapie seront mis en œuvre.

L’objectif est de permettre au patient de retrouver une vie quasi normale.


Dois-je lutter contre les facteurs de risque vasculaire ?

La gestion des facteurs de risque est une partie intégrante du traitement de la maladie coronaire.

Lorsqu’ils existent (tabagisme, hypertension artérielle, anomalies lipidiques ou diabète), ils doivent être pris en charge impérativement.

Illustration : jeter les cigarettes


Ces mesures vont-elles changer mes habitudes de vie ?

Un régime alimentaire, l’arrêt du tabac, la pratique d’une activité physique peuvent effectivement entraîner une modification non négligeable des habitudes de vie.

Ceci étant, les bénéfices qu’on peut en retirer, y compris dans la vie quotidienne, aident beaucoup à accepter ces contraintes.


Devrai-je changer mon régime alimentaire ? Vers qui dois-je me tourner en ce qui concerne mon alimentation ?

Il y a des habitudes alimentaires particulières à adopter surtout en présence de certains facteurs de risque modifiables grâce à une alimentation adaptée :

- surpoids : régime hypocalorique,

- anomalies lipidiques : régime pauvre en graisses saturées et en cholestérol,

- diabète : régime équilibré en sucre et pauvre en graisse et en boissons alcoolisées,

- hypertension artérielle : régime pauvre en sel et pauvre en boissons alcoolisées.

Dans tous les cas, votre médecin et/ou un(e) nutritionniste et/ou un(e) diététicien(ne) vous aideront à adapter et à modifier vos habitudes alimentaires.

Illustration : une alimentation équilibrée


En cas d’évolution de la maladie, devrai-je adapter mon traitement ?

Il est possible que votre médecin modifie votre traitement en fonction de l’évolution de votre maladie (réapparition ou aggravation des symptômes) et de vos facteurs de risque (diabète, hypertension artérielle, anomalies lipidiques, etc).

Il peut être amené à vous proposer d’autres médicaments, un geste local (angioplastie) ou chirurgical


Qu’est-ce qu’un pontage coronarien ?

L’intervention chirurgicale appelée pontage coronarien vise à amener du sang au myocarde en court-circuitant une sténose coronaire grâce à la constitution d’un "pont" entre l’aorte et l’artère coronaire (au-delà de la sténose).

Ce pont est généralement réalisé avec une artère mammaire ou une veine prélevée sur une jambe (veine saphène)

Cette intervention permet la disparition ou une forte diminution des symptômes et, dans certains cas, améliore le pronostic à long terme.

Il est rarement effectué en urgence. [1]

Photo : radio d'un pontage coronarien



[1] Source : Brochure "Maladie coronaires et Infarctus de Myocarde. 101 questions/réponses".