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> Maladies hivernales et traitements : Quels rôles jouent les traitements et comment utiliser les antibiotiques à bon escient ?
Les maladies infectieuses respiratoires rencontrées durant l’hiver ont certains points en commun :
elles sont très inconfortables : gêne à la respiration par le nez, douleurs variées dans leur siège et leur intensité, fièvre et fatigue plus ou moins intenses, toux, etc. ;
elles guérissent spontanément en quelques jours du fait de leur origine majoritairement virale : le traitement ne sera que symptomatique en attendant que l’organisme se débarrasse du virus : les médicaments prescrits auront donc pour but de déboucher le nez, faire tomber la fièvre, soulager le mal de gorge, etc. ;
elles sont pour ainsi dire inévitables chaque année, chacun d’entre nous en faisant au moins une par hiver...
En dehors de la grippe, on ne dispose pas à ce jour de médicament capable de raccourcir la durée de ces épisodes infectieux viraux. Les antiviraux pouvant être prescrits pour traiter la grippe nécessitent des conditions de prise strictes
(dans les deux jours suivant le début des symptômes) et ne constituent pas une alternative à la vaccination annuelle.
Tout l’enjeu du traitement est donc :
d’aider le corps à se défendre ;
de prendre des médicaments efficaces sur les symptômes afin de réduire autant que possible la gêne ressentie dans la vie quotidienne.
Un tel traitement, dit « symptomatique », peut aussi avoir d’autres effets positifs. Il peut éviter certaines complications : un médicament qui fera baisser la fièvre chez un nourrisson lui permettra de mieux respirer et facilitera donc la prise du biberon.
Si votre médecin diagnostique une infection d’origine bactérienne, et non virale, il vous prescrira alors des antibiotiques adaptés. Il est très important dans ce cas de bien suivre l’ordonnance de votre médecin, c’est-à-dire de prendre votre traitement antibiotique pendant la durée prescrite, même si vous n’avez plus aucun symptôme.
Si vous prenez mal votre traitement, vous augmenterez le risque que certaines bactéries survivent et deviennent plus résistantes aux antibiotiques. Votre médecin aura plus de difficulté à vous soigner lors de la prochaine infection hivernale. Et vos proches seront susceptibles d’être contaminés eux aussi par vos bactéries résistantes.
La France, championne d’Europe de la consommation d’antibiotiques
Un Français consomme deux fois plus d’antibiotiques
qu’un Anglais, cinq fois plus qu’un Néerlandais...
En cause : des idées fausses (« les antibiotiques font baisser la fièvre, ils empêchent d’être contagieux, ils accélèrent la guérison quelle que soit la maladie... ») sur les antibiotiques qui poussent certains d’entre nous à réutiliser d’anciens traitements de l’armoire à pharmacie sans avis médical ou à exiger du médecin traitant une prescription d’antibiotiques !
Or s’ils sont efficaces quand ils sont utilisés à bon escient, ils sont tout bonnement inutiles lors d’une infection virale, c’est-à-dire dans la majorité des infections hivernales ! Rappelons qu’un antibiotique mal utilisé (pris lors d’une infection virale ou arrêté trop tôt ou pris sans respecter la posologie) va renforcer les résistances des bactéries.
À la prochaine infection, elles pourront résister au traitement antibiotique !
Ainsi la résistance du pneumocoque aux pénicillines est passée de 0,5 % en 1984 à 42 % en 1999 et 60 % (chez les enfants) en 2001, représentant ainsi un enjeu de santé publique qui a justifié la mise en place en France, en novembre 2001, d’un plan national pour préserver l’efficacité des antibiotiques. [1]
[1] Source : Guide Santé UPSA "Rhinite, bronchite,sinusite ..." publié aux éditions Albin Michel disponible en librairie.
