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> Comprendre les maladies hivernales, Rhinite, bronchite et sinusite : Quels chemins peut emprunter un microbe à l’origine d’une infection des voies respiratoires ?


Quels chemins peut emprunter un microbe à l’origine d’une infection des voies respiratoires ?


Les fosses nasales

Le point commun d’entrée des virus et des bactéries est représenté par les narines, sorte de vestibule d’une cavité plus volumineuse qui est située derrière : les fosses nasales.

La contamination se produit par l’intermédiaire de petites gouttes de salive véhiculant les germes.

En pratique, une personne malade qui éternue ou tousse sans prendre garde de mettre sa main, ou le creux de son coude devant sa bouche, « postillonne » ses microbes à ses plus proches voisins.

Les fosses nasales sont creusées dans les os de la face (maxillaires). Elles sont formées au départ d’une cavité unique, séparée en son milieu par une cloison verticale de cartilage. Elles sont intégralement revêtues d’une membrane appelée muqueuse (membrane qui tapisse les cavités du corps).

Cette muqueuse est en grande partie parsemée de cils vibratiles et recouverte d’un film de mucus qui permet d’humidifier l’air inspiré.

En première ligne de défense...
L’ensemble mucus + cils vibratiles constitue une première ligne de défense de l’organisme vis-à-vis d’intrus éventuels, puisque ceux-ci vont être captés par le mucus, éventuellement dégradés par les enzymes ou les anticorps qu’il contient et glisser vers l’arrière grâce aux mouvements des cils vibratiles, pour être déglutis.


Les fosses nasales comportent par ailleurs de chaque côté, deux séries de trois structures osseuses ayant la forme de cornets recourbés vers le bas, d’où leur appellation de cornets.

Les cornets sont superposés : un supérieur, un moyen et un inférieur. Leur rôle est de créer des turbulences lorsque l’air passe. Ainsi il circule au plus près de la muqueuse riche en vaisseaux sanguins et cela favorise son réchauffement.

Les sinus maxillaires et frontaux communiquent avec les cornets moyens, qui constituent donc de possibles portes d’entrée pour des bactéries...

Que sont les « végétations » ?

Situées au fond des fosses nasales, les végétations (dites « végétations adénoïdes ») constituent l’équivalent des amygdales, mais au niveau du pharynx. Elles jouent un rôle dans l’immunité et peuvent devenir volumineuses chez l’enfant lors d’infections respiratoires répétitives. Leur taille peut même devenir gênante pour une respiration normale par le nez. Elles disparaissent spontanément vers l’âge de 10-12 ans, mais peuvent nécessiter d’être ôtées avant.

Comme nous le voyons, les fosses nasales sont un carrefour stratégique en cas de contamination, puisque, à leur niveau, s’ouvrent les orifices menant aux sinus et, plus bas, au pharynx...


Les sinus

Les sinus sont des cavités remplies d’air creusées dans les os de la face et disposées symétriquement. Ils permettent « d’alléger » le poids des os du crâne et servent (comme les fosses nasales) de caisse de résonance pour l’émission de sons.

- Les sinus frontaux : situés au niveau du front, au-dessus des orbites, ils sont « à maturité » vers l’âge de 8 ans. Ils sont proches des méninges (membranes enveloppant le cer- veau), d’où la sévérité potentielle d’une sinusite frontale non ou mal traitée ;

- les sinus ethmoïdaux : basés à la racine du nez, ils sont déjà présents à la naissance et sont, eux aussi, proches des méninges. Ceci explique la gravité éventuelle de l’infection des sinus ethmoïdaux (l’ethmoïdite aiguë), seule sinusite sur- venant chez le nourrisson ;

- les sinus maxillaires : les plus volumineux, ils s’individualisent vers 6 ans et sont encadrés en haut par les orbites et en bas par le « plafond » de la cavité buccale. Ils sont en rapport très étroit avec les racines dentaires, d’où la fréquence des sinusites chez les personnes ayant des foyers infectieux à ce niveau ;

- les sinus sphénoïdaux : situés en arrière des fosses nasales, ils ont aussi d’étroits rapports avec les méninges.

Les sinus sont intérieurement tapissés par la même muqueuse que les fosses nasales et donc recouverts en surface d’une couche de mucus. En cas d’infection prolongée des fosses nasales, lors d’un rhume qui traîne par exemple, celle-ci peut se propager vers les sinus via leur orifice de communication.

La muqueuse peut gonfler, la production de mucus augmenter fortement et obstruer l’orifice débouchant dans les fosses nasales. C’est la sinusite...


Le pharynx

Le pharynx correspond à la partie haute de la gorge. C’est une cavité qui s’étend, de haut en bas, des fosses nasales jusqu’au carrefour entre les voies respiratoires et les voies digestives, formé par le début de l’œsophage et le larynx.

Il a deux rôles physiologiques :

- conduire l’air inspiré vers le larynx ;

- propulser le bol alimentaire en direction de l’œsophage grâce à sa paroi musculaire.

Il peut être le siège d’une inflammation en rapport avec une infection des fosses nasales voisines : c’est ce que l’on appelle une rhinopharyngite.

Le pharynx constitue un autre carrefour important en cas de contamination par un virus ou une bactérie, puisqu’il reçoit la paire de trompes d’Eustache. Ces fins canaux assurent la communication avec l’oreille moyenne.


L’oreille moyenne

Il s’agit, là encore, d’une cavité se situant à la partie médiane de l’oreille, organe de l’audition et de l’équilibre. Elle est reliée à l’extérieur par le conduit auditif externe, qui canalise les ondes sonores et dont elle est séparée par une membrane, le tympan.

L’oreille moyenne est aussi en relation avec l’oreille interne, située plus en profondeur, par l’intermédiaire d’une membrane tendue devant un petit orifice, la fenêtre ovale.

L’oreille interne est chargée de transformer les ondes sonores en message neurologique pour être ensuite décodées par le cerveau : c’est ce qui nous permet... d’entendre !

Le rôle de l’oreille moyenne est justement de transmettre à l’oreille interne les ondes sonores qui lui parviennent du conduit auditif externe, grâce aux vibrations du tympan.

Pour cela, elle dispose d’une chaîne de trois osselets articulés entre eux. Les vibrations du tympan « sensibilisent » les osselets qui font passer les vibrations à la membrane de la fenêtre ovale.

Lors d’une infection des fosses nasales, des germes peuvent remonter les trompes d’Eustache et coloniser la cavité de l’oreille moyenne. L’inflammation de la trompe empêche le pus formé de s’évacuer correctement vers les fosses nasales. Son accumulation distend le tympan et provoque la douleur.

La mastoïdite : rare aujourd’hui
La mastoïde est une petite saillie osseuse de l’os temporal, palpable juste en arrière et en bas de l’oreille. Elle renferme des petites cavités, les « cellules », qui peuvent être le siège d’une infection, la mastoïdite. Cette complication de l’otite moyenne aiguë est devenue rare aujourd’hui du fait des traitements antibiotiques.



Le larynx

Le larynx est situé dans le cou. Il fait suite, vers le bas, au pharynx. Il fait passer l’air inspiré vers les bronches puis les poumons, et c’est aussi l’organe de la phonation, en d’autres termes, de l’émission des sons.

Sa structure est celle d’un cylindre creux et rigide formé par la superposition de cartilages, dont un plus volumineux, le cartilage thyroïde. À son sommet se trouve une petite bande cartilagineuse, l’épiglotte. Son rôle spécifique est de fermer hermétiquement le larynx lors de la déglutition, pour éviter le passage d’aliments dans les voies respiratoires (« la fausse route »).

À l’intérieur du larynx prennent place deux bandelettes musculaires horizontales et orientées d’avant en arrière : les cordes vocales. C’est leur vibration, au passage de l’air expiré, qui permet la formation du son. Il est ensuite modulé dans les caisses de résonance que sont le pharynx et les fosses nasales.

La voix dépend de la santé du larynx !
Lorsque le larynx est enflammé, l’ensemble de la zone, y compris les cordes vocales, est gonflé et douloureux. La respiration est douloureuse (dyspnée), et la voix se déforme (dysphonie), liée à des anomalies dans la vibration des cordes vocales.



La trachée et les bronches

La trachée succède au larynx. Sorte de tronc d’arbre inversé (on parle d’ailleurs de « l’arbre bronchique »), elle est composée d’anneaux de cartilage superposés. Elle se divise en deux bronches « souches » pénétrant dans les poumons.

Celles-ci se ramifient ensuite en un réseau extrêmement dense de bronches de calibre de plus en plus faible aboutissant, au final, aux bronchioles terminales. C’est au niveau de celles-ci, dans les alvéoles pulmonaires, que vont se produire les échanges gazeux entre l’air inspiré et le réseau de capillaires sanguins.

La trachée et les bronches sont recouvertes en surface d’une muqueuse ciliée, produisant du mucus. Elles participent ainsi à l’évacuation des microparticules inspirées. Le mucus est remonté, comme sur un tapis roulant, jusqu’au pharynx où il est ensuite dégluti.

Lors d’une bronchite, l’infection entraîne un accroissement de la production locale d’un mucus épais qui va encombrer les bronches. Plus l’encombrement est « profond » (c’est-à-dire loin dans la division des bronches) plus il sera difficile à évacuer.

C’est pourquoi les nourrissons, touchés par une forme particulière de bronchite, la bronchiolite, ont besoin d’être pris en charge par un kinésithérapeute pour pouvoir évacuer leurs sécrétions.

De la même manière, une des principales mesures à prendre dans la bronchite aiguë est de fluidifier les sécrétions muqueuses par des médicaments adaptés afin de rendre plus facile l’évacuation des sécrétions. [1]



[1] Source : Guide Santé UPSA "Rhinite, bronchite,sinusite ..." publié aux éditions Albin Michel disponible en librairie.