> Accueil
> Espace Coach Santé
> Cardiovasculaire
> Infarctus Du Myocarde> Comprendre l’IDM : Quelles sont les situations graves ? Que faire ? Que se passe-t-il après ?
Situations graves, signes d’alertes de l’infarctus du myocarde et répercussions.
"J’ai mal dans la poitrine et cela ne passe pas"
Quels sont les signes d’alerte à repérer ?
La survenue d’un infarctus du myocarde proprement dit peut être brutale, spontanée. Elle se traduit alors par :
une douleur évoquant un serrement (étau),
une brûlure, très intense et prolongée. Elle se situe au milieu de la poitrine, en arrière du sternum, occupant une zone d’une largeur équivalente
à une ou deux mains ouvertes,
une pâleur, une anxiété intense.
De plus, un infarctus du myocarde peut apparaître sous une forme plus atypique et trompeuse nommée forme atypique digestive, comportant des symptômes de douleurs abdominales hautes, de rôts et de nausées.
L’infarctus du myocarde peut être annoncé préalablement par une douleur d’angine de poitrine.
Elle est ressentie à l’occasion d’un effort ou d’une émotion, mais peut également survenir sans cause apparente.
Elle peut irradier dans la mâchoire, le bras gauche, évoquant une barre ou un étau. La douleur cède en quelques minutes à l’arrêt de l’effort ou spontanément.
L’existence ou la réapparition de douleur moins intense répétée, mais transitoire d’angor, telle que décrit précédemment, soit spontanée soit à l’effort doit conduire à consulter son médecin ou
son cardiologue rapidement.
Qui dois-je appeler ? Dois-je attendre les SECOURS ou me faire emmener aux urgences ?
En cas de survenue de symptômes évoquant un infarctus du myocarde, il faut absolument appeler en urgence, même au milieu de la nuit, le SAMU (15) prioritairement ou les Pompiers (18).
Il est impératif d’attendre les secours car
des complications peuvent apparaître pendant le transport et il est nécessaire de commencer le traitement au domicile. En attendant
les secours, restez le plus calme possible.
Que va-t-il se passer pour moi ?
En cas de douleur thoracique intense et prolongée, une équipe médicale (le plus souvent du SAMU) se déplace à votre domicile pour réaliser un ECG.
Si l’infarctus du myocarde est confirmé, un traitement immédiat est mis en œuvre. Vous pouvez alors déjà recevoir un médicament thrombolytique si c’est indiqué et être transporté vers un service spécialisé (soins intensifs cardiologiques).
Ce transport vers l’hôpital s’effectue sous surveillance constante de l’équipe médicale. Cette surveillance porte sur l’ECG, le pouls, la pression artérielle avec un cardioscope portable et l’examen clinique. Cette équipe prendra en charge toutes les complications pouvant survenir au cours du transport.
A l’hôpital en Unité de Soins Intensifs Cardiologiques (USIC), le traitement de l’infarctus est poursuivi et au besoin une coronographie avec une angioplastie coronaire est réalisée en urgence.
L’infarctus est dû à une artère coronaire qui s’est bouchée. Le but du traitement est de la déboucher (c’est la reperfusion). Plus vite cela est réalisé, moins l’infarctus sera étendu et meilleur sera le résultat.
Quand la douleur n’est pas due à l’infarctus,
le traitement est plus simple mais l’administration de médicament, le transport à l’hôpital et une surveillance intensive peuvent être aussi nécessaire.
Qu’est-ce qu’une reperfusion en urgence ?
Une occlusion totale d’une artère coronaire impose sa désobstruction en urgence. Deux méthodes peuvent être utilisées pour rétablir la circulation coronaire :
la destruction du thrombus en cause par un médicament thrombolytique injecté
en intraveineux, c’est-à-dire l’administration d’un médicament qui va dissoudre le caillot qui obstrue une artère coronaire,
l’angioplastie coronaire, consiste à introduire un cathéter dans l’artère coronaire bouché
et à remodeler l’artère à l’aide d’un ballonnet qui est gonflé au niveau de la sténose afin
de la dilater.
Le but de la reperfusion est de déboucher l’artère coronaire obstruée et faire recirculer le sang dans la partie du myocarde qui en dépend.
La thrombolyse peut être réalisée à l’extérieur de l’hôpital par l’équipe du SAMU, l’angioplastie est réalisée seulement dans une Unité de Soins Intensifs Cardiologiques (USIC). L’un ou l’autre de ces traitements (ou les deux) sont le plus souvent nécessaires en urgence pour traiter l’infarctus du myocarde.
Plus la reperfusion de la coronaire est rapide par l’une ou l’autre méthode, moins l’infarctus sera étendu, et donc ses conséquences seront limitées. C’est de la rapidité de la reperfusion que dépend le pronostic.
En quoi consiste une thrombolyse intraveineuse ?
La thrombolyse intraveineuse consiste à administrer par voie intraveineuse une substance thrombolytique, c’est-à-dire capable de dissoudre un caillot sanguin et donc de désobstruer
une artère oblitérée par un caillot, pour rétablir la circulation dans l’artère concernée.
Qu’est-ce qu’une angioplastie coronaire ?
L’angioplastie coronaire consiste à amener par voie intra-artérielle un ballonnet gonflable jusqu’au niveau du rétrécissement de l’artère coronaire. Lorsqu’il est gonflé, le ballonnet écrase la plaque d’athérome et restaure ainsi la lumière artérielle.
En pratique, des sondes sont introduites sous anesthésie locale dans une artère au niveau du pli de l’aine ou du bras.
Dans un premier temps, une sonde de coronarographie permet de visualiser le rétrécissement de l’artère coronaire.
Dans
un deuxième temps, une sonde à ballonnet est amenée jusqu’au contact du rétrécissement, où le ballonnet est gonflé.
Qu’est-ce qu’un "stent" ?
Les endoprothèses coronaires ou "stents" coronaires représentent un progrès récent dans le traitement de la maladie coronaire. Un "stent" est un tube en treillis métallique.
Après une angioplastie coronaire par ballonnet,
il est placé à l’intérieur de l’artère pour maintenir le vaisseau ouvert. Le "stent" nécessite la prise d’un traitement anti-thrombotique.
"J’ai du mal à respirer"
Qu’est-ce qu’un Œdème Aigu Pulmonaire (OAP) ?
L’œdème aigu pulmonaire (OAP) est la manifestation la plus sévère de l’insuffisance cardiaque du ventricule gauche.
De survenue souvent nocturne, l’OAP se manifeste par des difficultés respiratoires, une sensation d’étouffement et d’oppression, une toux incessante ramenant souvent des crachats abondants, mousseux et rosés.
Le patient est fréquemment agité, angoissé avec parfois une coloration bleutée de la peau. Sa respiration est très bruyante ; on entend souvent, quand il respire, des grésillements, des crépitements ou des sifflements. Il est gêné pour parler, les phrases sont courtes et il manque d’air.
Il s’agit d’une urgence médicale, le traitement doit être mis en place très rapidement car l’OAP peut conduire à l’épuisement respiratoire et à l’asphyxie.
Dans les cas moins graves, la gêne respiratoire s’installe plus progressivement et le traitement médical d’urgence pourra éviter l’évolution vers une forme grave.
Pourquoi ai-je du mal à respirer ?
L’œdème aigu du poumon est une urgence médicale caractérisée par une accumulation anormale de liquide dans les poumons. Cette "inondation" des poumons est responsable de l’apparition rapide de graves difficultés respiratoires.
L’œdème pulmonaire peut être dû à une poussée d’hypertension artérielle, à une surcharge en sel
(provoquée par exemple par un excès alimentaire salé) qui dépasse les capacités du cœur ou à une baisse brutale de la performance du cœur provoquée par une tachycardie ou un infarctus étendu.
Qui dois-je appeler ? Que dois-je faire ?
L’œdème aigu du poumon est une urgence médicale. Il faut appeler en urgence, même au milieu de la nuit, le SAMU (15) ou les Pompiers (18). Si la gêne est progressive et modérée, vous pouvez appeler aussi votre médecin traitant, s’il est disponible.
Il ne faut faire aucun effort physique et rester
assis pour provoquer le déplacement de la masse sanguine vers le bas du corps et soulager ainsi
le cœur. Il ne faut pas allonger de force le malade car il pourrait s’étouffer.
Que va-t-il se passer ?
Dans les cas graves, c’est une équipe de réanimation qui intervient à domicile et dès son arrivée, le médecin met le patient sous oxygène. Il administre des médicaments afin de diminuer la pression sanguine et pour faciliter le travail du cœur si c’est indiqué.
Souvent, la respiration s’améliore avec ce traitement, mais en général l’hospitalisation, voire la surveillance en soins intensifs est nécessaire.
"Il a perdu connaissance"
Que faut-il faire ?
Un malaise avec une sensation d’évanouissement connaissance totale et brutale peut être le signe n’est pas toujours grave, mais une perte de de l’accident cardiaque le plus grave : la mort subite.
Elle peut survenir au début d’un infarctus après une douleur thoracique mais aussi subitement sans signe annonciateur. Elle est alors souvent due à une fibrillation ventriculaire qu’il faut traiter le plus vite possible.
Si elle survient devant vous, il faut immédiatement donner l’alerte pour que les secours médicalisés interviennent le plus vite possible. En attendant leur arrivée, les gestes suivants doivent être réalisés par toute personne ayant des notions de secourisme :
- Secouer la victime fermement mais sans brutalité. Si elle ne répond pas : vérifier sa respiration et faciliter l’entrée de l’air dans les poumons en soulevant légèrement le menton.
- Si la respiration est normale (le thorax se soulève régulièrement), mettre la victime sur le côté : c’est la position latérale de sécurité.
- Si la respiration est absente ou visiblement très anormale, commencer le bouche-à-bouche par
2 insufflations lentes.
- Si la victime réagit : continuer à assister sa respiration tant qu’elle n’est pas devenue régulière, ample.
- Si la victime ne réagit pas, ne bouge pas et
ne respire pas : c’est un arrêt cardiaque. Vous pouvez prendre le pouls pour vérifier l’arrêt de la circulation sanguine, mais cette vérification
n’est pas obligatoire pour agir. Il faut commencer les compressions manuelles du thorax (massage cardiaque) et alterner 15 compressions thoraciques rapides (à une fréquence d’environ
100 par minute) avec 2 insufflations lentes du bouche-à-bouche.
- Il faut continuer les gestes jusqu’à l’arrivée des secouristes professionnels et/ou de l’équipe de réanimation du SAMU qui prennent le relais.
Ces gestes vont permettre de remplacer partiellement et provisoirement la circulation et la respiration qui se sont arrêtées.
Leur réalisation pendant quelques minutes avant l’arrivée de l’équipe de réanimation peut limiter les conséquences
de l’arrêt cardiaque. L’arrêt cardiaque est l’accident le plus grave qui peut arriver.
Qui doit-on appeler ?
Dès la constatation de la perte de connaissance, il faut immédiatement appeler le 15 ou le 18. Malgré l’extrême urgence, il ne faut pas s’affoler et donner précisément les renseignements suivants :
l’adresse exacte,
le lieu exact où est la victime, ne pas oublier le code de la porte, l’étage... car toute imprécision est responsable de retard,
décrire ce qui s’est passé,
préciser l’âge et les antécédents de la victime, si on les connaît,
indiquer si quelqu’un peut réaliser les gestes de réanimation cardio-pulmonaire.
Il faut répondre, le plus calmement et le plus précisément possible aux questions qui vous sont posées. Le médecin régulateur du SAMU peut vous demander d’agir, il faut faire ce qui vous
est indiqué.
Que va-t-il se passer ?
La prise en charge de l’arrêt cardiaque nécessite une réanimation rapide, intense et spécialisée à domicile pour faire repartir le cœur.
En général, une équipe de pompiers ou de secouristes professionnels arrive en premier, suivie peu après de l’équipe de réanimation du SAMU. Les pompiers continuent les gestes de réanimation cardio-pulmonaire et peuvent mettre en place et utiliser un défibrillateur (appelé défibrillateur semi-automatique).
L’équipe du SAMU réalise les défibrillations, effectue une intubation trachéale pour instaurer une ventilation artificielle mécanique. Elle met en place une perfusion et injecte des médicaments. Cette réanimation a pour but de faire repartir le cœur et rétablir la circulation, c’est la seule chance de survie de la victime.
En cas de succès, dès que la circulation est rétablie, l’équipe du SAMU transporte la victime en continuant le traitement intensif dans un service de réanimation.
Même dans ce cas favorable, le pronostic est très grave, l’arrêt cardiaque peut se reproduire et être définitif, et le cerveau et le cœur peuvent garder des séquelles importantes.
Qu’est-ce que la "chaîne de survie" ?
La chaîne de survie décrit les actions à entreprendre le plus vite possible pour sauver la vie d’une victime d’une mort subite. Ces actions constituent les "maillons de la chaîne", il s’agit de :
l’alerte immédiate par le 15 ou le 18
la réanimation cardio-pulmonaire initiale par les témoins de l’arrêt cardiaque qui pratique le bouche-à-bouche et le massage cardiaque externe (voir Question 78)
la défibrillation la plus précoce possible
la réanimation spécialisée par une équipe du SAMU
Tout retard dans ces actions affaiblit la chaîne et assombrit le pronostic. Il est donc important d’agir vite, c’est fondamental pour les 2 premiers maillons (alerte et Réanimation Cardio-Pulmonaire (RCP)) qui dépendent de l’entourage de la victime.
Vous pouvez apprendre ces gestes en vous formant auprès d’une association de secourisme.
Qu’est-ce qu’une défibrillation ?
La fibrillation ventriculaire est la cause la plus fréquente de la mort subite. Elle correspond à une contraction rapide et totalement désorganisée d’un ventricule du cœur. Chaque contraction n’envoie que très peu de sang vers les artères.
À moins d’être corrigé immédiatement, ce trouble entraîne la mort.
Le traitement le plus efficace consiste en l’administration d’un choc électrique au cœur au moyen d’un appareil appelé défibrillateur qui resynchronise le cœur et permet de rétablir une contraction ventriculaire efficace.
La défibrillation peut être réalisée par des secouristes spécialement entraînés (avec un défibrillateur
semi-automatique) ou par l’équipe médicale du SAMU. [1]

[1] Source : Brochure "Maladie coronaires et Infarctus de Myocarde. 101 questions/réponses".
