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Qu’est -ce que l’AOMI, quels sont ses symptômes et ses mécanismes ?

L’Artériopathie Oblitérante des Membres Inférieurs (AOMI) ou artérite est une maladie des artères qui se caractérise par la présence de sténoses (rétrécissements localisés du diamètre de l’artère), ou d’occlusions (formation d’un bouchon ou caillot dans le canal intérieur appelé lumière de l’artère), au niveau des artères qui assurent la vascularisation des membres inférieurs.
Il en résulte une mauvaise irrigation ou “ischémie” des tissus et muscles irrigués par les artères atteintes.




Quels sont les symptômes de l’AOMI ?

L’AOMI peut être asymptomatique(sans manifestation ou silencieuse) ou se manifester par des douleurs qui apparaissent au cours de la marche (on parle de claudication intermittente), par des douleurs de repos (douleurs survenant en position allongée) ou par des troubles trophiques.

Il existe une classification de l’AOMI, celle de Leriche et Fontaine, qui permet de différencier quatre stades en fonction des symptômes.


Peut-on être atteint d’une AOMI sans ressentir de symptôme ?

Oui, il est possible d’avoir déjà une AOMI sans ressentir de symptôme.
C’est le stade I de la classification de Leriche et Fontaine, qui est dit silencieux.

Votre médecin peut le dépister à l’occasion d’un examen clinique systématique qui mettra en évidence la disparition d’un pouls périphérique au niveau du pied ou un souffle à l’auscultation des vaisseaux des jambes, ou par la mesure de l’indice de pression systolique à la cheville.


Des douleurs aux jambes pendant la marche précèdent-elles une AOMI ?

Non, l’apparition de douleurs à la marche est un signe que les lésions de l’AOMI sont déjà bien installées.
Il s’agit du stade II de la classification de Leriche et Fontaine qui est le stade où apparaît la claudication intermittente.

Cette dernière se définit par une douleur à type de crampe musculaire qui survient lors de la marche au niveau de la plante du pied, du mollet, de la cuisse ou de la fesse, en fonction des artères qui sont atteintes.

Cette douleur disparaît à l’arrêt de la marche. La distance à laquelle survient la douleur musculaire est appelée distance de marche.
On distingue la distance de marche sans douleur qui est la distance parcourue à partir de laquelle on commence à ressentir une douleur et la distance de marche maximale qui définit la distance maximale parcourue avant l’arrêt de la marche, imposé par la douleur.




A quoi correspond l’apparition des douleurs de jambes au repos ?

L’apparition de douleurs de repos est un signe que les lésions de l’AOMI sont déjà sévères. C’est le stade III de la classification de Leriche et Fontaine.
L’ischémie (mauvaise irrigation sanguine des organes) apparaît en position couchée en raison d’une diminution du débit sanguin dans les jambes.

Les douleurs ressemblant à celles de brûlures apparaissent dès que la jambe est surélevée et touchent les orteils en premier car ils sont les moins bien vascularisés et les plus éloignés du cœur.

Ces douleurs sont soulagées par la position “jambes pendantes”.
Le pied est souvent froid, pâle ou cyanosé (de couleur bleutée).


Des troubles sexuels peuvent-ils être associés à l’AOMI ?

Une impuissance d’origine vasculaire est possible au cours de l’AOMI. Dans ce cas, les lésions siègent au niveau de l’aorte et des artères iliaques (dans la région basse de l’abdomen).

Face à des troubles de l’érection le médecin va systématiquement rechercher une artériopathie oblitérante des membres inférieurs.


Qu’appelle-t-on troubles trophiques ?

Les troubles trophiques caractérisent le stade IV de la classification de Leriche et Fontaine.

C’est le stade le plus grave de la maladie qui se manifeste sous forme d’ulcérations (perte de substance de la peau) au niveau des extrémités et parfois de gangrène (nécrose des tissus qui ne sont plus vascularisés) pouvant nécessiter un geste chirurgical (pouvant aller jusqu’à l’amputation).


L’AOMI, une manifestation clinique de l’athérothrombose

L’AOMI est une des manifestations d’une maladie appelée l’athérothrombose.

Il s’agit d’une maladie diffuse qui touche plusieurs territoires artériels : les artères des membres inférieurs mais aussi l’aorte et ses principales branches, les artères coronaires (artères du cœur), les artères carotidiennes (grosses artères de la tête et du cou) et leurs branches, les artères cérébrales (artères qui irriguent le cerveau).

Il en résulte une grande variété de manifestations cliniques telles que l’AOMI, l’Infarctus Du Myocarde (IDM) et l’Accident Vasculaire Cérébral (AVC) ischémique.


De l’athérosclérose à l’athérothrombose

L’athérosclérose est due à un dépôt de graisses dans la paroi de l’artère qui aboutit à la formation de plaques qui, peu à peu, rétrécissent le diamètre des vaisseaux.

Elle peut s’associer à la thrombose qui est la formation d’un caillot (ou thrombus) au niveau d’une lésion d’une plaque d’athérosclérose qui s’est rompue.

Ce mécanisme appelé athérothrombose entraîne une obstruction plus ou moins complète de l’artère.




Quel est le lien entre l’artère obstruée et la douleur ?

L’athérothrombose est responsable d’une diminution du calibre des artères qui peut conduire à leur obstruction complète.

Or, au cours d’un exercice physique (comme la marche), les besoins en oxygène des muscles augmentent.
Normalement, l’organisme s’adapte à ces besoins supplémentaires par une augmentation du débit sanguin, apportant plus d’oxygène dans les organes.

Mais la plaque d’athérosclérose va provoquer une gêne à l’écoulement sanguin, empêchant l’organisme de s’adapter aux besoins.
Le muscle est alors mal irrigué, il souffre du manque d’oxygène, ce qui se traduit concrètement par une douleur : on dit qu’il est en ischémie.

A l’extrême limite, si l’artère est complètement obstruée, il y aura interruption totale de la vascularisation d’un territoire donné, ce qui peut conduire à une nécrose des tissus si cet état de fait se prolonge.


L’athérothrombose est-elle uniquement localisée aux jambes ?

L’athérothrombose est une maladie générale des artères qui touche principalement, en dehors des artères des membres inférieurs, les artères carotidiennes, cérébrales et coronaires.

L’athérothrombose peut donc se manifester sous la forme d’une AOMI, mais aussi d’un accident vasculaire cérébral (ischémique) ou d’un infarctus du myocarde.

L’athérothrombose est favorisée par de nombreux facteurs appelés facteurs de risque, communs à tous les territoires artériels concernés.

Comment évolue cette maladie à long terme ?

En règle générale, l’évolution de l’AOMI est plutôt favorable, à condition qu’elle soit prise en charge et traitée. Au stade de claudication intermittente, une stabilisation, voire une amélioration, est obtenue dans trois quarts des cas.

Une aggravation est rapportée dans un quart des cas (avec recours à un geste chirurgical dans 5% des cas). Mais les personnes qui souffrent d’une AOMI ont un risque plus élevé de faire un infarctus du myocarde ou un accident vasculaire cérébral, du fait des autres localisations possibles de la maladie athérothrombotique.

L’association la plus fréquente est celle d’une artériopathie oblitérante des membres inférieurs et d’une maladie des coronaires.


L’évolution de l’AOMI est-elle inéluctable ?

L’évolution d’une AOMI n’est pas linéaire et ne va pas forcément vers l’aggravation. Une évolution favorable de la maladie peut être observée, à condition qu’elle soit prise en charge et traitée.

On peut ainsi améliorer les symptômes locaux et ralentir la progression de la maladie athérothrombotique sur le plan local (au niveau des jambes) mais aussi cardiaque et cérébral. Le pronostic de la maladie est ainsi sensiblement meilleur.


Quelles sont les conséquences si on ne traite pas cette maladie ?

Si cette maladie n’est pas traitée, les risques consistent en une aggravation de l’AOMI avec des complications locales pour les membres inférieurs (diminution de la distance de marche, douleur au repos, possibilité de gangrène, nécrose avec des risques d’amputation) et d’autres complications de l’athérothrombose avec risque d’accidents ischémiques au niveau cardiaque (infarctus du myocarde) et/ou cérébral (accident vasculaire cérébral ischémique).