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Polyarthrite rhumatoïde : symptômes et traitement de la maladiePolyarthrite rhumatoïde et Arthrite Juvénile Idiopathique
Polyarthrite rhumatoïde : symptômes et traitement de la maladie
Poly = plusieurs – Arthr = articulations – ite = inflammation
L’articulation est entourée par une capsule tapissée d’un tissu que l’on appelle la membrane synoviale. La membrane synoviale sécrète le liquide synovial qui lubrifie l’articulation.
Source : La Polyarthrite rhumatoïde, si on en parlait – Institut UPSA de la Douleur- Juin 2007
La Polyarthrite Rhumatoïde (PR) est un rhumatisme inflammatoire.
C’est une maladie chronique caractérisée par une inflammation de la synoviale. L’inflammation de la synoviale est responsable de gonflements, rougeurs, douleurs. Elle peut s’accompagner de lésions du cartilage, de l’os et des tendons.
Le mécanisme précis de déclenchement de cette réaction inflammatoire est encore inconnu. L’origine de la maladie dépend probablement de plusieurs facteurs (génétiques, hormonaux, environnementaux, psychiques, immunologiques). La polyarthrite rhumatoïde est une maladie auto-immune : le système immunitaire produit des anticorps contre lui-même.
Épidémiologie
La polyarthrite rhumatoïde est le plus fréquent des rhumatismes inflammatoires chez l’adulte.
Sa prévalence est estimée entre 0,8% et 1% de la population générale dans le monde [1] [2]
avec des variations notables selon les régions du monde :
- 0,31 à 0,5% dans les pays d’Europe du sud [3]
- 0,44 à 0,8% dans les pays d’Europe du nord [3]
- 0,24 à 0,36% dans les pays en voie de développement. [3]
Plus fréquente chez la femme (75 % des patients), elle apparaît vers l’âge de 50 ans [4]. Elle peut se voir aussi chez les personnes plus jeunes, les hommes et les enfants.
Cette maladie a un retentissement social et professionnel en raison des douleurs et du handicap fonctionnel qu’elle provoque.
Symptômes de la maladie
La PR se manifeste par une inflammation de plusieurs articulations. Elle touche particulièrement, souvent de façon symétrique :
les mains
les poignets
les pieds.
Toutefois cela n’empêche pas que d’autres articulations puissent être atteintes.
Les articulations sont gonflées, douloureuses, la mobilité est limitée. La douleur survient souvent la nuit ou au petit matin, réveillant le malade. Il existe souvent une raideur articulaire matinale, qui cède en général en quelques heures : c’est ce qu’on appelle le dérouillage matinal.
La polyarthrite rhumatoïde évolue généralement par poussées plus ou moins longues entrecoupées de périodes de rémission.
Le diagnostic n’est pas toujours facile à faire au début de la maladie, notamment si les atteintes articulaires ne sont pas typiques, ou les symptômes cliniques peu marqués. Les radios permettent de rechercher des lésions osseuses (mais il est rare d’en voir au début de la maladie). Elles ont parfois complétées par d’autres imageries IRM et/ou échographie.
Des prélèvements de sang, pour rechercher un syndrome inflammatoire et surtout, la recherche d’anticorps plus ou moins spécifiques de la polyarthrite rhumatoïde, complètent les examens menés pour le diagnostic.
Des signes non articulaires peuvent accompagner les symptômes articulaires :
la fièvre
la fatigue
des « boules » sous la peau (les nodules rhumatoïdes).
On peut avoir aussi (rarement au début de la maladie) des atteintes de l’œil, du cœur, des poumons, des nerfs... Dans certains cas, un syndrome sec peut être associé (sécheresse oculaire et sécheresse de la bouche).
L’origine de la maladie n’est pas totalement élucidée. Un choc affectif lors du déclenchement de la maladie est évoqué par 60 % des patients. L’obésité et la consommation de tabac augmentent le risque de PR. Les événements déclencheurs (infections et auto-anticorps situés dans l’articulation évoquée) surviennent sur un terrain génétique particulier prédisposant au développement de la maladie.
Le diagnostic précoce de la polyarthrite rhumatoïde n’est pas toujours évident, les premiers symptômes pouvant passer inaperçus ou être considérés comme « banals ». La durée moyenne pour diagnostiquer la maladie varie de 2 à 5 ans.
Les complications
L’inflammation des articulations peut provoquer des lésions
du cartilage
des os
des tendons.
Les destructions et les déformations articulaires sont responsables d’un handicap : douleur, diminution de la mobilité, difficulté à marcher, à faire certains gestes.
Traitement
Les objectifs du traitement sont de :
calmer la douleur (traitement symptomatique)
diminuer l’inflammation (traitement symptomatique)
ralentir ou freiner l‘évolution de la maladie (traitement de fond).
Traitement symptomatique
Les antalgiques sont utilisés pour calmer la douleur.
On dispose d’antalgiques de différents niveaux de puissance. Il est néanmoins rare d’avoir recours aux morphiniques.
Les anti-inflammatoires, d’une grande efficacité sur la douleur et sur l’inflammation, peuvent être de deux types :
- les Anti-Inflammatoires Non Stéroïdiens (AINS) ou
- les corticoïdes (contenant de la cortisone).
Le traitement physique limite la douleur et les déformations :
- orthèses (sorte d’appareillage ou d’attelle à porter pour limiter les déformations)
- ergothérapie (pour apprendre à éviter les gestes douloureux ou limitants)
- rééducation, pour renforcer le tonus musculaire et la mobilité articulaire.
Le traitement local (infiltrations de corticoïdes ou synoviorthèses) est utile lorsque persiste une inflammation articulaire malgré le traitement médicamenteux. Les infiltrations de corticoïdes dans l’articulation diminuent l’inflammation. Les synoviorthèses sont des injections de produits permettant de stopper le développement des cellules synoviales inflammatoires.
Le traitement chirurgical des lésions articulaires permet de soulager la douleur, de rétablir la fonctionnalité d’une articulation détruite. Il peut aussi être proposé à un stade peu avancé de la maladie, avant la survenue des lésions sévères, afin prévenir la destruction articulaire.
Traitement de fond
Ces traitements agissent sur l’inflammation à long terme. Il faut un certain délai avant d’observer leurs effets radiologiques bénéfiques.
Un traitement de fond débuté précocement peut limiter la destruction articulaire et ralentir l’évolution. C’est pourquoi il est important de le débuter le plus tôt possible (notion de fenêtre d’opportunité) Comme le traitement a aussi pour but de prévenir les poussées, il est important de continuer à le prendre même en l’absence de signes d’inflammation (lorsque la maladie est stabilisée, par exemple).
Les arrêts du traitement après obtention de rémission sont rares et peuvent être discutés.
Traitements de fonds actuels :
- Conventionnels, également appelés DMARD (Didease Modifying Anti-Rhumatic Drugs) ;
- Biologiques ou biothérapies [médicaments dirigés contre les sustances biologiques (cytokines) ou cellules de l’organisme] : anticytokiniques (anti-TNF, anti IL6) ; biothérapies cellulaires (action sur les lymphocytes T ou B). ces biothérapies sont généralement utilisées en cas de réponse inadéquate aux traitements de fond classiques
La prise en charge de la polyarthrite rhumatoïde nécessite une surveillance médicale régulière qui implique la collaboration de différents professionnels de santé : médecin, chirurgien, kinésithérapeute, infirmière, psychologue, ergothérapeute, éventuellement diététicien.
La stratégie d’utilisation de ces différentes thérapeutiques a fait l’objet en 2007 de recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS).
[1] Rindfleisch JA, Muller D. Diagnosis and Management of rheumatoid arthritis. Am Fam Physician. 2005 ;72:1037-47.
[2] Lee DM, Weinblatt ME.Rheumatoid arthritis. Lancet 2001 ;358:903-11.
[3] Alamanos Y, Voulgari PV, Drosos AA. Incidence and prevalence of rheumatoid arthritis, based on the 1987 American College of Rheumatology Criteria : a systematic review. Semin Arthritis Rheum 2006 ;36:182-188.
[4] COFER. La polyarthrite rhumatoïde. http://cofer.univ-lille2.fr/2eme_cycle/items/item_121.htm
[5] La polyarthrite en 100 questions. Recommandations de la Haute Autorité de Santé – 2007.

