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> Schizophrénie et traitements : Comment lutter contre la déprime ?


Rester actif en contact avec les autres peut renforcer la confiance en soi.

Comment lutter contre la déprime ?

Près d’un tiers des personnes souffrant de schizophrénie connaissent des périodes de « blues » voire de dépression.

Ces sentiments sont bien légitimes lorsque l’on connaît les difficultés que cette maladie oblige à surmonter.


Ceci ne signifie pas pour autant que vous devez accepter cette situation sans rien faire.

Il existe de nombreuses façons de lutter contre la déprime.


- Reposez-vous.
Certains symptômes de la déprime peuvent être liés à la fatigue. Des nuits de sommeil régulières vous aideront à vous sentir mieux.


- Sortez de chez vous.
L’isolement et l’ennui ne feront qu’empirer les choses. Sortir, ne serait-ce que pour aller acheter le journal, peut diminuer ces sentiments négatifs.


- Rendez visite à un ami ou à un proche.
Le contact humain est un excellent moyen de vous remonter le moral.


- Faites de l’exercice physique.
Cela diminue la tension nerveuse, réduit le stress et améliore l’humeur.


- Faites quelque chose que vous aimez.
Quand on est déprimé, on oublie facilement qu’il y a malgré tout des choses que l’on aime faire. Lisez un livre, regardez un film, faites une promenade au parc ou rendez visite à des amis. Tout ce qui vous fera oublier vos problèmes est salutaire.


- Demandez l’aide de votre médecin.
Il jugera peut-être préférable de vous prescrire des antidépresseurs, en complément d’une bonne hygiène de vie.


- Apprenez à vous détendre.
Renseignez-vous sur la relaxation auprès de votre médecin, de votre infirmier ou de votre ergothérapeute.
> les conseils du coach pour vous détendre


- Rapprochez-vous d’une association.
Si vous avez l’impression que vous n’avez personne à qui parler, des associations de malades et de familles de malades peuvent s’avérer une formidable source de conseils pratiques et de soutien.


- Apprenez à gérer votre stress.
(voir ci-dessous)


Apprendre à limiter le stress

Le stress est l’un des facteurs déclencheurs le plus commun de la schizophrénie.

Malheureusement, le fait même d’être atteint de schizophrénie étant extrêmement stressant, il est donc difficile de l’éviter.

Ceci étant, il est important de comprendre que le stress n’est pas réservé aux seules personnes souffrant de schizophrénie : nous sommes tous soumis au stress à un moment ou à un autre. Et tout le monde ne parvient pas toujours à bien le gérer.


Les conseils suivants devraient vous aider à limiter et à mieux gérer votre stress.

- Dressez la liste des situations qui vous angoissent et demandez-vous ce que vous pouvez faire pour les éviter.
Cherchez ensuite à savoir s’il existe un moyen de les rendre moins stressantes.


- Si vous avez l’impression qu’une situation devient stressante (une rue encombrée ou un magasin bondé par exemple), cherchez à vous en soustraire progressivement.
Tenter de partir brusquement pourrait au contraire aggraver votre stress.


- Évitez l’alcool, les drogues et la caféine (présente dans le thé, le café et le cola).
Ils peuvent vous détendre sur le moment mais entraîner, par la suite, une anxiété encore plus importante.


- Apprenez à vous détendre
Voici quelques propositions d’activités relaxantes. Vous pouvez également demander des informations sur la relaxation à votre médecin, à votre infirmier ou à votre ergothérapeute.

  • Écouter de la musique
  • Aller au cinéma ou regarder la télévision
  • Prendre un bain
  • Pratiquer une activité physique
  • Faire une promenade
  • Pratiquer une activité de relaxation en groupe
  • Lire

- Trouvez quelqu’un à qui parler.
Vous n’êtes pas seul. Si vous avez un problème, faites-en part à une personne de confiance.


- Simplifiez-vous la vie,
faites les choses les unes après les autres.


- Établissez un programme quotidien d’activité
et essayez de vous y tenir.


- Si un conflit avec quelqu’un vous angoisse,
essayez d’en parler à une personne complètement extérieure à la situation. Il est possible qu’elle puisse vous aider à résoudre le problème en posant un regard objectif sur les circonstances de ce conflit.


- À l’aide du tableau suivant, repérez vos réactions quand vous êtes en situation de stress.
Cela vous aidera à reconnaître les signes prédictifs de la maladie.

Ce qui se passe dans notre esprit Ce qui se passe dans notre corps
• On ressasse les problèmes
• On s’inquiète de son inquiétude (pensée circulaire)
• On devient confus
• On a peur, même en l’absence de danger
• Le monde qui nous entoure nous semble chaotique
• On a l’impression que quelque chose de terrible est sur le point de se produire
Mains moites et tremblantes
• Bouche et gorge sèches
• Accélération des battements du cœur
• Gorge serrée, sensation d’étau
• Maux de tête et tension dans les muscles cervicaux
• Rigidité musculaire
• Picotements dans les doigts (« fourmis »)
• Respiration difficile
• Vertiges, souvent provoqués par une hyperventilation (respiration trop rapide)

Reprendre confiance en soi

Même quand on commence à aller mieux, il peut encore arriver de se sentir déprimé et de manquer de confiance en soi. Vous pouvez éprouver une certaine timidité et une certaine réticence à retrouver une vie sociale. Ce ne sera pas toujours facile, mais établir de nouvelles relations sociales est une étape importante vers la stabilisation.

Voici quelques conseils utiles.

- Dressez une liste des activités que vous aimez faire avec les autres, et essayez d’intégrer progressivement ces activités dans votre vie.

- Dressez une liste des choses que vous aimez chez vous et que les gens apprécient, comme votre sens de l’humour, votre générosité, votre talent artistique ou vos compétences informatiques.

- Renouer le contact lentement, mais sûrement, avec les personnes que vous aimez et en qui vous avez confiance.


Apprendre à combatre les pensées négatives les pensées négatives

Peut-être avez-vous parfois l’impression que tout vous déprime et que la vie est vraiment trop difficile. Envisager la solution extrême du suicide est malheureusement un sentiment fréquent chez les patients souffrant de schizophrénie.

Sachez cependant que ce sentiment est passager et ne perdurera pas avec une prise en charge adaptée.

- Essayez de parler à une personne de confiance. Exprimer vos sentiments pourra les faire apparaître moins accablants. Cela pourra vous aider à recouvrer un moral plus satisfaisant. Si vous avez envisagé le suicide, n’ayez pas peur de le dire à quelqu’un. Ce n’est pas parce que vous en parlez que vous augmenterez le risque de passer à l’acte.

- Essayez de modifier votre environnement immédiat. Si vous êtes dans votre chambre, sortez faire un tour, rendez visite à un ami ou à un proche, ou changez simplement de pièce.

- Dressez une liste de tout ce qui est positif chez vous, chez vos amis et chez les gens que vous aimez. Servez-vous de cette liste pour lutter contre vos pensées suicidaires.

- Convenez, avec les membres de votre famille, que vous les appellerez si jamais vous avez des envies suicidaires.

- Appelez le médecin ou l’hôpital dès que vous vous sentez dépassé par ces pensées suicidaires.


Alcool et drogues.
Une prise en charge nécessaire pour vaincre ses dépendances

De nombreux malades schizophrènes se tournent vers l’alcool et/ou la drogue pour atténuer les symptômes de la maladie ou pour les aider à gérer leurs sentiments de peur, d’isolement ou de tristesse.

La consommation de cannabis, d’amphétamines et d’autres substances toxiques comme la cocaïne est particulièrement courante chez les jeunes malades souffrant de schizophrénie.

Certaines personnes prétendent que la consommation de drogues les soulage temporairement, rétablit la normalité de leur comportement ou atténue les symptômes de la maladie.

En réalité, ces drogues risquent d’empirer leur schizophrénie. En effet, il a été largement démontré que ces substances aggravent les symptômes « positifs » de la maladie (paranoïa, hallucinations et délires). Elles peuvent également déclencher un épisode psychotique de schizophrénie, y compris chez ceux qui n’en ont jamais eu auparavant mais qui présentaient une vulnérabilité à la maladie. C’est le cas, par exemple, de personnes qui ont dans leur famille proche des malades atteints de schizophrénie.

Si vous « traitez » les symptômes de votre maladie avec des substances comme le cannabis, vous retardez également le moment où vous bénéficierez d’une prescription adaptée de médicaments antipsychotiques.

Plus vous retardez la prise en charge médicamenteuse de votre maladie et les autres thérapies que l’on peut vous proposer, plus les épisodes schizophréniques perdureront. Ce délai réduit les chances de vous stabiliser.