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> Cancer et alimentation : Comment gérer les difficultés pour s’alimenter
Un état nutritionnel satisfaisant permet de réduire la survenue des complications qui obligent à arrêter momentanément le traitement.
Celui-ci sera donc d’autant plus efficace que votre alimentation sera de bonne qualité.
Si vous avez une inflammation douloureuse de la bouche
L’inflammation de la bouche est un effet secondaire [1] fréquent avec certains médicaments.
Cette inflammation peut survenir précocement après le début du traitement et disparaît habituellement huit à quinze jours après. Elle s’accompage de gêne et parfois de douleur. Dans ce cas, parlez-en tout de suite à votre médecin. Il vous prescrira des traitements adaptés destinés à vous soulager. N’oubliez pas de les prendre avant de manger quel que soit le repas (simple collation ou déjeuner) et quelle que soit l’heure.
Certaines précautions peuvent également vous aider :
Evitez les épices, les fruits acides (citrons, oranges, pamplemousses), les aliments très salés ou durs (crudités, toasts, ...), ainsi que l’alcool.
Préférez les aliments faciles à mâcher et à avaler comme les milkshakes, le nectar de fruits doux (abricot, pêche), les œufs brouillés, les purées de légumes...
Faites cuire les aliments plus longtemps que d’habitude et utilisez un mixer pour les viandes.
Mangez tiède ou froid et surtout consommez autant de glaces que vous en avez envie (les glaces sont préférables aux sorbets qui sont plus acides).
Si vous avez la bouche sèche
Une raréfaction de la salive peut apparaître au cours du traitement par radiothérapie. Elle est le plus souvent partielle mais peut être très lente à disparaître. Elle est responsable de troubles du goût et d’une difficulté à avaler.
Dans ce cas, votre médecin vous prescrira des bains de bouche et des traitements adaptés. Là encore, quelques précautions peuvent vous aider à manger pius facilement :
Evitez d’ajouter à votre nourriture des éléments acides (vin, vinaigre, citron, etc...).
Limitez la viande et le pain qui nécessitent une grande quantité de salive pour ia mastication et la déglutition.
Mangez des plats en sauce ou mixés et buvez régulièrement une gorgée d’eau pour mieux avaier.
Enfin, mâchez, si vous le pouvez, des chewing-gums sans sucre entre les repas pour favoriser la production de salive et gardez vos lèvres humides à l’aide de sticks adoucissants.
Si aucun aliment ne passe
Si vous ne pouvez rien avaler du tout ou si vous avez perdu plus de 10% de votre poids, vous devez impérativement contacter votre médecin.
Cette situation se rencontre parfois en début de traitement dans le cas de tumeurs pharyngo-laryngées ou de l’oesophage. Dans ce cas, votre médecin peut vous proposer de vous poser une sonde, de façon temporaire. Vous serez alors directement alimenté par la sonde et pourrez poursuivre votre traitement.
Pendant cette période, vous n’aurez pas besoin de vous nourrir en plus. Dès que vous pourrez vous ré-alimenter par ia bouche, la sonde sera enlevée.
Si vous avez des nausées
Les nausées et les vomissements sont devenus moins fréquents car il existe des traitements préventifs très efficaces. Si quelques nausées persistent, évitez de manger des aliments trop gras et surtout fragmentez vos repas en mangeant de petites quantités mais plus souvent.
D’autres précautions peuvent également vous aider :
Mangez lentement et évitez de prendre votre repas dans la cuisine où les odeurs et la chaleur peuvent vous indisposer.
Reposez-vous après le repas pour ralentir la digestion, de préférence dans un fauteuil.
Si vos nausées surviennent surtout ie matin, essayez de manger quelques biscuits avant de vous lever.
Surtout ne vous inquiétez pas si, à certains moments de votre traitement, en particulier pendant la chimiothérapie, vous ne pouvez pratiquement rien avaler : il n’est pas impératif de se nourrir tous les jours de la même façon.
Si vous avez une diarrhée
Les traitements qui peuvent donner une diarrhée sont connus et votre médecin vous aura prévenu de la conduite à tenir. Ces diarrhées sont ie plus souvent passagères. Toutefois, si elles persistent, contactez votre médecin.
Dans la plupart des cas, quelques précautions aîimentaires vous permettront de gérer vous-même ce trouble passager :
Buvez autant que vous pouvez des boissons à température ambiante, mangez des aliments riches en sel (poissons) et en potassium [purée de bananes, nectar d’abricot ou de pêche, pommes de terre à l’eau).
Surtout, il est préférabie de choisir des aliments pauvres en fibres [yaourts, riz ou pâtes, pain blanc, poulet ou dinde) et d’évitez les légumes verts et les fruits crus.
Pendant cette période, réduisez aussi votre consommation de lait.
Quels sont les obstacles possibles à une alimentation normale ?
Outre le sentiment de fatigue et d’anxiété qui citèrent l’appétit et le plaisir de manger, certains effets secondaires [1] des traitements comme les nausées, les vomissements, les inflammations de la bouche ou les troubles saiivaires peuvent vous empêcher de vous nourrir normalement.
Enfin, certaines tumeurs peuvent constituer, du fait de leur localisation oesophagienne ou pharyngo-laryngée, un obstacle mécanique à la prise d’aliments. Toutes ces difficultés, auxquelles s’ajoutent parfois des troubles du transit et un mauvais état général, peuvent fragiliser votre état nutritionnei. Il est pourtant important que maigre ces problèmes qui sont transitoires, vous évitiez de perdre trop de poids, ce qui gênerait la poursuite de votre traitement.
Surveillez votre poids mais ne montez pas sur la balance tous les jours, une fois par semaine suffit.
[1] Effets secondaires : Les effets secondaires d’un médicament sont des effets toxiques, corollaires inévitables de l’efficacité du traitement. On les appelle aussi effets indésirables ou effets latéraux.
